Hervé Hulin (Trango VP) : « la virtualisation se généralisera dans les mobiles en 2010 »

On évoque l'arrivée des solutions de virtualisation sur le marché de la téléphonie mobile depuis plusieurs années. Où en est-on aujourd'hui ?
Hervé Hulin : Le marché de masse pour les téléphones mobiles dotés d'une solution de virtualisation est attendu pour 2010. Pour un constructeur, la question n'est plus de savoir s'il faut ou non intégrer une telle solution, mais de déterminer le moment où il conviendra de sauter le pas. La virtualisation est désormais perçue comme un outil structurant qui permet aux architectes et aux décisionnaires d'effectuer les bonnes combinaisons matérielles et logicielles, en prenant en compte les contraintes de coût, de consommation, de sécurité et d'ingénierie associées. La virtualisation est d'abord utilisée comme un outil d'optimisation des architectures matérielles/logicielles qui, d'une part, respecte les contraintes historiques, légales, liées à la certification ou à la sécurité, et qui, d'autre part, offre la possibilité d'ajouter et de développer des fonctionnalités inédites. Mais la virtualisation est aussi considérée comme une nouvelle méthodologie de développement qui permet aux équipementiers de dériver aisément des plates-formes soit au niveau logiciel, soit au niveau matériel. C'est un changement de fond qui touche de plein fouet l'industrie de la téléphonie mobile, avec un écosystème qui s'organise autour de ce concept. Un éditeur majeur comme Symbian, par exemple, a acté le fait que la virtualisation était devenue incontournable en signant un accord de partenariat avec nous.
Quels sont les différents cas d'usage des solutions de virtualisation en téléphonie mobile ?
Hervé Hulin : L'un des cas d'usage est reflété par l'initiative OSTI de NTT DoCoMo. En un mot, il s'agit de deux téléphones en un. L'architecture OSTI définit, d'un côté, un domaine ouvert, au sein duquel l'utilisateur est autorisé à télécharger les programmes souhaités pour un usage personnel, et, de l'autre, un domaine fermé dit « opérateur ». Ce dernier peut y pré-installer un OS et des applications qui lui sont propres ou qui sont critiques, voire proposer des services d'entreprises dédiés. La virtualisation garantit l'exécution simultanée des deux environnements sur la même plate-forme, tout en assurant la sécurité du domaine opérateur vis-à-vis du domaine ouvert. Le deuxième cas d'usage implique, pour le fabricant de téléphones mobiles, une méthodologie de développement inédite. La virtualisation lui offre la possibilité de diversifier les plates-formes matérielles, les OS et le contenu logiciel de ses terminaux sans impacter les coûts de développement et tout en réduisant le temps de mise sur le marché des produits. Trango, par exemple, fournit un hyperviseur et un ensemble de librairies et de pilotes qui forment un squelette simplifiant considérablement les opérations de portage pour le fabricant de téléphones ou le fournisseur de jeux de circuits. Grosso modo, 80 % de ce travail est déjà fait grâce à la virtualisation. Comme autres avantages, on peut citer la facilité à associer du code préexistant à un OS riche comme Symbian OS, Linux ou Windows Mobile, et la capacité à isoler certains logiciels vis-à-vis de la licence GPL dans les environnements Linux.
Quels autres secteurs de l'embarqué la virtualisation intéresse-t-elle ?
Hervé Hulin : L'avionique, la Défense ou les infrastructures télécoms, où la préservation de logiciels historiques est primordiale. Le souci de réutiliser du logiciel existant est également présent sur le marché des terminaux de paiement où la consolidation bat son plein. Sur ce dernier créneau, lorsqu'un environnement ouvert basé sur un OS riche est intégré à la plate-forme, la virtualisation est aussi utilisée pour garantir la sécurité et l'isolation des services bancaires, simplifier les processus de certification et réduire la facture matérielle. De même, la sécurité des services est essentielle pour les fabricants de décodeurs IPTV et de passerelles résidentielles, et la virtualisation s'y déploie progressivement. Enfin, les solutions de virtualisation sont désormais massivement adoptées par les fabricants de matériels d'infrastructures télécoms, notamment grâce à leur capacité à gérer les architectures de processeurs multicœurs.
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Mario Pasquali est à l’origine, avec sa société Ellisys, des suites de tests de l’USB 3.0, utilisées
en particulier pour la certification à ce standard des contrôleurs hôte et des périphériques
mis sur le marché. Il explique ici comment évolue l’USB 3.0, et en quoi l’augmentation prévue
par l’USB-IF de la puissance électrique véhiculée par un lien USB, jusqu’à 100 W, est une évolution majeure à venir de ce standard.



