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Roberto Rivoir (e2v) : « il y a de quoi être optimiste quant à l'avenir du pôle grenoblois »

Roberto Rivoir, directeur Innovation et Design chez le fabricant de composants e2v, souligne les avantages d'un pôle de compétitivité régional comme Minalogic, même – et surtout – dans une industrie mondialisée comme la microélectronique.
Frédéric Rémond, ElectroniqueS, le 13/11/2008 à 0h00

A l'heure de la mondialisation, quel est le rôle d'un pôle de compétitivité régional comme Minalogic à Grenoble ?

Roberto Rivoir : nous vivons dans l'ère de l'économie mondiale et de la concurrence internationale dans le secteur de la haute technologie. Cela a naturellement accéléré la coopération internationale en matière de R&D. C'est un fait positif, mais ce contexte n'a pas souvent aidé au développement de relations parmi les membres de la communauté scientifique et industrielle au niveau régional. Les gens ont parfois instinctivement cherché des compétences, des partenaires, des clients ainsi que des fournisseurs spécifiques à l'échelle mondiale, sans effectuer une nouvelle vérification sur place et ainsi voir si de telles compétences étaient disponibles à proximité ! Les pôles de compétitivité en France ont le mérite d'équilibrer à nouveau la situation, en encourageant de nouvelles initiatives où les acteurs locaux prennent le temps de se rencontrer, de mieux se connaître les uns les autres, unissent leurs forces pour effectuer des travaux de R&D et créer ainsi une chaîne complète de valeur.

Concrètement, hormis l'aspect subventions, quelles sont les avancées permises par un tel pôle régional ?

Roberto Rivoir : le pôle Minalogic(*) est très actif dans la réunion d'un grand nombre d'entreprises et d'instituts de recherche de haut niveau, ce qui permet de créer un consortium fort. Minalogic est actif dans la proposition de réunions de réflexion sur de nombreuses questions techniques, en fournissant un appui aux PME sur des compétences particulières : gestion de projets, brevets, juridique. Comme conséquence de cette dynamique, et grâce à la soumission de propositions de R&D de haute qualité, le pôle est couronné de succès et voit ses projets dotés de subventions.

L'accès aux laboratoires de recherche locaux – Leti et autres – est-il simple, y compris pour une société non française ?

Roberto Rivoir : le cas d'e2V est un peu spécial, puisque notre société continue d'être reconnue, comme auparavant, en tant qu'entreprise originaire de Grenoble. Les relations de confiance existant au sein de la communauté scientifique durent depuis de nombreuses années et ont contribué à maintenir une collaboration intense, aussi bien avec le CEA-Leti qu'avec d'autres laboratoires.

L'abandon par Freescale et NXP du site de Crolles a-t-il porté un coup fatal au rayonnement international du pôle grenoblois ?

Roberto Rivoir : cet épisode ne semble pas déterminant pour l'avenir de la « Silicon Valley » grenobloise. Les autorités paraissent disposées à apporter leur soutien comme en témoignent de nombreuses actions. ST Crolles Operations (Crolles III – voir EI n° 675) et Minatec ne sont que deux exemples parmi d'autres initiatives fortes à l'intérieur de l'écosystème local. Ceci est réconfortant et optimiste pour l'avenir.

Le Leti, l'Imec, ou encore le Fraunhofer se concurrencent au niveau européen : un rassemblement de la recherche continentale vous semble-t-il souhaitable ?

Roberto Rivoir : nous devrions ajouter aux Leti, à l'Imec et aux instituts Fraunhofer, le CSEM en Suisse et le VTT en Finlande pour compléter le tableau européen. La concurrence est un bon moyen pour stimuler l'innovation. Toutefois, ces instituts coopèrent bien ensemble. Par exemple, quatre d'entre eux – CEA, CSEM, Fraunhofer et VTT – ont récemment signé un accord en vue de mettre en commun avec succès leur savoir-faire et leur expertise. Par ailleurs, il est généralement très utile d'avoir ces instituts de recherche reconnus qui agissent comme les constructeurs du réseau de la R&D. Par exemple, si je voulais demain me préparer à un projet européen qui intégrerait des partenaires allemands, il serait naturel pour moi de demander au moins l'avis de Fraunhofer.

Quant à la formation, trouvez-vous à l'échelle régionale les jeunes ingénieurs et techniciens dont vous avez besoin ?

Roberto Rivoir : le regroupement régional a du bon : ainsi, à Grenoble, de nombreux jeunes ingénieurs bien préparés et ayant un niveau universitaire élevé et reconnu sont disposés à rester dans la région qui les a formés.

(*) Voir par exemple EI n° 664.

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