Electronique et diversité: no, we can't?
Vue à travers le petit bout de la lorgnette microélectronique, la primaire démocrate entre Hillary Clinton et Barack Obama, puis l'élection d'icelui ont dû sembler plus étonnantes encore que pour le commun des mortels, tant notre industrie demeure en Occident une affaire quasi-exclusive d'hommes blancs. On serait bien en peine d'y nommer spontanément ne serait-ce qu'un seul CEO de couleur (à peine se souvient-on de Curtis Crawford qui dirigea le presque moribond Zilog il y a dix ans), et Christine King, aujourd'hui à la tête de SMSC, manque singulièrement de compagnie parmi les femmes chefs d'entreprises en semiconducteurs. Le constat est connu et les excuses à ce manque pathologique de diversité, décuplé dans les filières technologiques, toutes trouvées: on a tôt fait de conclure sans vergogne à la responsabilité des intéressé(e)s eux-mêmes, qui n'y croient pas, qui n'osent pas, qui ne veulent pas, qui ont d'autres centres d'intérêt… Tout cela n'est pas faux (20%de filles seulement dans les écoles d'ingénieurs françaises – et quand bien même, où sont-elles dans les postes à responsabilité?), mais, on l'omet trop souvent, demeure induit par de puissants préjugés culturels, d'autant plus efficaces dans le monde de l'entreprise où l'avancement repose principalement sur la cooptation. Moralement offensants, ces stéréotypes à peau dure tendent en outre à uniformiser le profil des décideurs de notre industrie et, sans doute, leurs réponses à la crise.
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On le sait, les activités de R&D et la fabrication doivent s’enrichir mutuellement. C’est pourquoi les acteurs de la sous-traitance ont intérêt à cultiver ces deux domaines. Mais pour y parvenir,
la France se doit de conserver un tissu industriel afin de rester une terre d’innovation.




