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Mario Pasquali, CEO d'Ellisys et membre de l'USB-IF : « Le passage prévu à une alimentation de 100 W sur un lien USB est une véritable révolution qui va modifier l’usage de l’USB »

Mario Pasquali est à l’origine, avec sa société Ellisys, des suites de tests de l’USB 3.0, utilisées en particulier pour la certification à ce standard des contrôleurs hôte et des périphériques mis sur le marché. Il explique ici comment évolue l’USB 3.0, et en quoi l’augmentation prévue par l’USB-IF de la puissance électrique véhiculée par un lien USB, jusqu’à 100 W, est une évolution majeure à venir de ce standard.

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ARCHIVES REVUES / TECHNOLOGIE - AFFICHEURS

L'affichage tactile s'impose dans toutes les applications industrielles

Des smartphones aux pupitres de commande des automates industriels en passant par les bornes interactives, les écrans tactiles sont sur tous les fronts. Et grâce, entre autres choses, à la technologie multitouch, cela ne fait que commencer.
Pascal Coutance, ElectroniqueS, le 07/5/2009 à 0h00

Les technologies tactiles étaient au cœur de plusieurs conférences organisées dans le cadre de la manifestation Display qui s'est déroulée début avril à Paris (voir EI n° 688). Un parti pris tout à fait légitime de la part des organisateurs. Déjà présents depuis plusieurs années dans les assistants personnels, les bornes interactives, les billetteries automatiques ou les distributeurs bancaires, les afficheurs tactiles sont en effet l'objet d'un intérêt tout particulier ces derniers temps. Certes, l'effet iPhone a porté la technologie tactile multipoints (multitouch) sous les feux de la rampe, mais résumer l'évolution des écrans tactiles au gadget d'Apple – et à ceux qui lui ont emboîté le pas depuis plus d'un an – serait pour le moins réducteur. Car, en dehors de l'effervescence suscitée par le multitouch, bien légitime au vu des possibilités offertes, une autre (r)évolution se met parallèlement en place : celle de l'invasion des écrans tactiles dans de multiples applications industrielles couvertes, pour l'essentiel, par des afficheurs dont la diagonale court de 3,5 à 12,1 pouces.

Pour s'en convaincre, il suffisait de déambuler dans les allées du salon Display. Pas un seul des fabricants de LCD-TFT industriels représentés ne semblait avoir omis de décliner sa gamme d'afficheurs industriels avec une dalle tactile en option, principalement en technologie résistive 4,5, voire 8 fils, pour les formats les plus petits, ou en technologie capacitive pour les diagonales plus importantes. Cet engouement des secteurs industriels pour le tactile s'explique par le fait qu'ils y voient une solution plus intuitive que les interfaces homme-machine traditionnelles, tout en présentant un net avantage économique. « En plus d'apporter aux opérateurs un confort et une facilité d'utilisation supérieurs, un écran tactile remplacer a avantageusement, sur une machine, 25 boutons câblés à 30 euros pièce », a estimé Philippe Mourat, responsable de K-EP France, une société spécialisée dans les produits finis et semi-finis à base d'écrans tactiles, lors de sa présentation dans le cadre du salon Display. L'évolution des technologies tactiles permet par ailleurs d'enrichir le panel de débouchés couverts. Le capacitif projeté, procédé inventé au début des années 2000 par Zytronic, a par exemple grandement amélioré la solidité des afficheurs tactiles, facilitant ainsi leur intégration dans des solutions capables de résister au vandalisme, ce qui n'était pas vraiment le cas auparavant.

La folie des grandeurs gagne aussi l'écran tactile

De même, les technologies tactiles basées sur l'infrarouge ou, plus généralement, sur les procédés optiques, ont ouvert la voie vers des équipements tactiles de grands, voire très grands formats. « Ces technologies permettent d'ouvrir le tactile à des applications telles que les murs d'images, voire, pourquoi pas, les sols tactiles », prédit M. Mourat.

Tout comme dans l'affichage public, la tendance est également axée sur des afficheurs tactiles de plus en plus grands dans le domaine des bornes interactives. « Aujourd'hui, nous travaillons d'autant plus régulièrement à partir d'afficheurs de 40, 46, 52 pouces et plus, que les fabricants de LCD-TFT sont capables de fournir ce genre d'afficheurs avec d'excellentes performances et qu'il est désormais possible de les rendre tactiles relativement facilement », précise Eric Dumouchel, de la société Ultimédia, un autre intervenant de la conférence. Et puis, il ne faut pas non plus exclure la technologie multipoints des applications industrielles et professionnelles. « Il faut remettre les choses à leur place : la technologie d'Apple, qui, soit dit en passant, n'est pas une technologie multitouch mais plutôt bitouch, c'est très bien mais cela ne correspond qu'à une petite partie du potentiel de l'affichage multipoints », lance sans ambages Daniel Schutze de la société MuchoMédia, une jeune pousse française spécialisée dans les technologies tactiles multipoints (notamment pour ce qui concerne le développement logiciel), et également présente lors des conférences de la manifestation Display. Et M. Schutze de rajouter : « Il s'avère possible de créer des applications réellement multitouch par le biais de panneaux interactifs capables d'être utilisés par plusieurs utilisateurs à la fois, ce qui constitue un concept nouveau ». C'est ce sur quoi planche la société qui travaille notamment à partir de solutions tactiles optiques basées sur la détection des doigts sur l'écran par une caméra installée derrière ce dernier. Les applications visées ici sont surtout centrées sur l'art, les musées, les services aux citoyens (plans interactifs) et les débouchés ludo-éducatifs.

Mais pas seulement. « Des solutions multitouch vont également se développer rapidement du côté des applications dites multivisions – c'est-à-dire celles qui nécessitent l'utilisation simultanée de plusieurs écrans – telles que le militaire, le transport : gestion du trafic ferroviaire ou aérien, et la sécurité », prédit M. Mourat de K-EP France. « Le fait de pouvoir remplacer plusieurs afficheurs par un écran tactile très grand format à partir duquel plusieurs fenêtres peuvent être manipulées par le simple touché et le déplacement des mains d'un opérateur constitue, là encore, une source d'économie potentielle très importante », précise-t-il. L'affichage tactile multipoint constituerait-il donc une révolution ? « Je ne considère pas le multitouch comme une révolution mais comme un plus qui ne remplacera ni les claviers, ni les souris, ni les bornes interactives, mais qui offre de nouvelles perspectives », estime M. Schutze de MuchoMédia. Une chose est sûre : le tactile, et notamment le tactile multipoints, représente un secteur stratégique de l'affichage qui pourrait bien profiter à de nombreuses sociétés françaises, très impliquées sur ce créneau à l'image, notamment, du bordelais Stantum (voir EI n° 686) qui fait figure de précurseur grâce à sa technologie résistive multitouch développée dès 2004. Et c'est peut-être la véritable révolution : il semblerait que les start-up et les PME aient pour le moment plusieurs longueurs d'avance sur les grandes sociétés.

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