Pénurie de composants : le pourquoi et le comment, selon Jean-Pierre Velly
Alors que la pénurie de composants fait perdre du chiffre d’affaires aux PME de sous-traitance et les obligent stocker des matériels «presque terminés» (voir à ce propos notre article en cliquant sur ce lien), Jean-Pierre Velly, délégué général du GFIE et grand spécialiste de la distribution de composants, fait le point sur cette pénurie, précisant le mécanisme de cette dernière ainsi que les raisons de son apparition.
D’abord un constat. «Quand un fournisseur propose un délai de 40 ou 52 semaines, c’est pour ne pas dire à son client qu’il préfèrerait ne pas avoir cette commande».
Puis un rappel du fonctionnement de la production. «Quel que soit le produit, le cycle de fabrication dépasse rarement 12 semaines. Si un délai supérieur est annoncé, cela signifie que la fabrication en cours est réservée, déjà vendue ou allouée».
Puis une mise au point. «Le plus souvent, la hausse des prix est davantage une conséquence de la pénurie que la cause de cette dernière». En effet, «la pénurie concerne aussi des composants à très faible coût (résistances, condensateurs, afficheurs…)».
«Quand le système informatique d’un client reçoit une mise à jour automatique de la part d’un fournisseur annonçant le passage d’un délai initial de 4 semaines à 8 semaines, tous ses voyants virent au rouge : il passe commande.
Tous les systèmes ayant reçu la même information passent commande. Alors que le besoin réel des clients est demeuré le même, un besoin virtuel a surgi…
Pour peu qu’en même temps, sous la pression de sa hiérarchie, des financiers, des actionnaires…, le commercial de la société révise ses prévisions de ventes à la hausse, la conjugaison des deux phénomènes aboutit à la création d'une demande virtuelle qui n’a plus rien à voir avec le besoin réel…».
Les fabricants de composants ne pouvant plus répondre à cette demande, le marché passe en mode allocation. «Et là, le fournisseur oublie toutes les promesses qu’il a faites au client quand il pleurait pour avoir des commandes». Il n’y a plus de loi. «On estime à 20 % le pourcentage de doubles commandes. C’est peut être plus. En tout cas, c’est loin d’être négligeable».
Côté équipementier. «L’industrie des composants adresse des marchés grand public (automobile, informatique, télécoms, jeux …). Or, les besoins et les décisions d’achats des consommateurs sont difficiles à cerner et à prévoir. Si le produit plaît, tout va très vite – beaucoup plus vite aujourd’hui qu’hier - et la demande explose».
Les distributeurs n’ont pas voix au chapitre. «Bien qu’ils représentent plus de 80 % des ventes mondiales de la distribution et que leurs chiffres d’affaires dépassent ceux de leurs fournisseurs, les quatre plus grands distributeurs n’arrivent pas à faire pression sur leurs fournisseurs».
Dans l’Hexagone, trop de donneurs d’ouvrage jouent la carte de l’opportunisme avec leurs fournisseurs et leurs sous-traitants. Ils se montrent avares de prévisions - quand ils n’en livrent pas des fantaisistes -, passent des doubles commandes…».
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Mario Pasquali est à l’origine, avec sa société Ellisys, des suites de tests de l’USB 3.0, utilisées
en particulier pour la certification à ce standard des contrôleurs hôte et des périphériques
mis sur le marché. Il explique ici comment évolue l’USB 3.0, et en quoi l’augmentation prévue
par l’USB-IF de la puissance électrique véhiculée par un lien USB, jusqu’à 100 W, est une évolution majeure à venir de ce standard.



