Pour mettre au point le robot baptisé Antcar, l’équipe du CNRS s’est inspirée de la nature et plus précisément de la fourmi Cataglyphis dotée de capacités d’orientation hors normes ; pour retrouver son chemin, elle s’appuie uniquement sur des souvenirs visuels.
Le petit véhicule peut apprendre un trajet d’une cinquantaine de mètres après l’avoir emprunté une seule fois – et ce, sans utiliser de carte ou de système de guidage satellite. Équipé d’une caméra panoramique, il utilise un algorithme qui s’inspire des corps pédonculés – deux structures du cerveau des insectes qui interviennent dans l’intégration des signaux sensoriels comme l’apprentissage, la mémoire ou la discrimination olfactive. Cet algorithme, qui ne nécessite qu’un processeur classique peu énergivore, permet à Antcar de suivre un itinéraire bidirectionnel, avec une reconnaissance des points de départ et d’arrivée ; à mesure qu’il se déplace, il mémorise les panoramas environnants.
Il apprend vite grâce à la résolution des images qu’il traite : elle est très faible, mais suffisante pour se repérer dans l’environnement. « Là où la plupart des autres systèmes nécessitent vingt mégaoctets pour mémoriser un trajet de seulement cinquante mètres, nous n’avons besoin que de vingt kilo-octets, soit mille fois moins », souligne Gabriel Gattaux, l’un des membres de l’équipe.
Cette technologie pourrait être utile dans tous les cas où les systèmes de localisation traditionnels ne sont pas disponibles.