Le rétrofit, une technique écologique mais un marché qui se cherche

Le 05/07/2021 à 0:00 par La rédaction

L’AGENCE DE L’ENVIRONNEMENT ET DE LA MAÎTRISE DE L’ÉNERGIE A SORTI UNE ÉTUDE QUI SOULIGNE LES QUALITÉS ENVIRONNEMENTALES DU RÉTROFIT MAIS QUI POINTE LES DIFFICULTÉS LIÉES À SON MODÈLE ÉCONOMIQUE.

Le rétrofit consiste à changer la motorisation d’un véhicule thermique par un moteur électrique. Cette pratique a été autorisée en France par un arrêté publié le 13 mars 2020.

Le rétrofit est une technique qui consiste à transformer un véhicule thermique en électrique. Une étude de l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), sortie le 20  mai, pointe les qualités environnementales de cette technique. Autorisé depuis le 13  mars 2020 en France, le rétrofit concerne à la fois les voitures mais aussi les camions et les autobus. L’étude de l’Ademe chiffre les émissions de gaz à effet de serre économisées si un véhicule est « rétro-fité » par rapport à un scénario où il garderait sa propulsion thermique, mais aussi en comparaison de l’achat d’un véhicule électrique neuf. La citadine rétrofitée émettra 66 % de CO 2 en moins que si elle continuait à rouler au thermique et 47 % de moins qu’une citadine électrique neuve. La diminution atteint 61 et 56 % entre l’utilitaire léger rétrofité et respectivement le fourgon thermique et le fourgon électrique neuf. Les poids lourds de 16 à 19  tonnes et l’autobus rétro-fités permettent d’éviter 87 % par rapport à leurs équivalents à propulsion thermique et 37 % d’émission de CO en 2 comparaison de l’électrique neuf. Pour tous les véhicules envisagés, le rétrofit est la solution la plus écologique car elle permet de conserver le planeur (« carcasse » de la voiture). Elle évite ainsi d’en fabriquer un nouveau et donc les émissions de gaz à effet de serre associées.

Jusqu’à présent, le rétrofit ne se plaçait pas comme une solution de masse mais concernait plutôt des voitures de collection en jouant sur l’affect des consom-mateurs pour ces véhicules. « Pour l’instant, seules trois demandes d’homologations pour des véhicules rétrofités ont été effectuées auprès de l’Utac [l’Union technique de l’automobile et du cycle, N.D.L.R.] », dévoile Denis Benita, ingénieur transport à l’Ademe. En effet, chaque type de véhicule, rétro-fité comme neuf, doit demander une homologation auprès de l’Utac. Attention cependant, les demandes se font par type de véhicule. Ainsi, s’il n’y a eu que trois demandes, le nombre de véhicules rétrofités est tout de même plus grand. « Il y a sûrement moins d’une centaine de voitures rétrofitées qui roulent en France. Sur un parc de 38 millions de voitures, c’est anecdotique », estime Denis Benita.

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