Renesas, le vaisseau amiral en difficulté

Le 08/03/2021 à 0:00 par La rédaction

MALGRÉ L’ABSORPTION DE PLUSIEURS CONCURRENTS JAPONAIS PUIS AMÉRICAINS, LE GRAND FABRICANT GÉNÉRALISTE DE CIRCUITS INTÉGRÉS PEINE À TROUVER LE CHEMIN DE LA CROISSANCE ALORS QU’IL DISPOSE DE RÉÉLS ATOUTS TECHNOLOGIQUES.

Au début de la décennie précédente, la presse en général et Electroniques en particulier s’interrogeaient sur la pertinence de la fusion entre Renesas et NEC. Lui-même né du mariage des semi-conducteurs d’Hitachi, connu pour ses microcontrôleurs 8  bits et 32  bits, et de Mitsubishi alors leader mondial des microcontrôleurs 16  bits, Renesas se retrouvait en effet avec, encore une fois, de nouvelles familles de microcontrôleurs et de composants à gérer. Et, à la clé, de nombreux doublons tant dans les catalogues que dans les effectifs de Renesas et NEC. À cela se sont ajoutés la lente dépression de l’industrie japonaise, cliente privilégiée de ce qui constitue désormais le dernier grand fabricant de circuits intégrés multi-produit de l’archipel, et la concurrence irrésistible des microcontrôleurs à cœur 32  bits ARM qui ont grignoté une grande partie des parts de marché détenues par les architectures Cisc et Risc propriétaires de Renesas, à tel point que le japonais a fini à son tour par adopter ces cœurs ARM. Tandis que Renesas se débattait pour rationaliser son catalogue et réorganiser ses équipes, la concurrence redoublait d’effort pour faire vaciller 4le leader mondial du marché des microcontrôleurs. En 2013, durement 2 touché par la crise économique et les conséquences du tsunami 0 de 2011, Renesas se trouvait contraint d’ouvrir largement son capital à plusieurs partenaires et clients japonais (Toyota, Nissan, Denso, Nikon, Canon, Panasonic, etc.) et surtout à l’Innovation Network Corporation of Japan (INCJ), un fonds détenu à 91 % par le ministère des finances nippon, afin d’éviter que le fleuron de l’industrie microélectronique nationale ne tombe entre les mains d’investisseurs étran-gers, quelques mois après l’affront du rachat du fabricant de mémoires Elpida par l’américain Micron. Un plan de sauvetage – quasiment une nationalisation – qui apportait une bouffée d’air et d’argent frais à Renesas afin de boucler le douloureux plan de restructuration consécutif au rachat de NEC, soulager le poids de sa dette et investir dans une R&D ciblée (microcontrôleurs, circuits automobiles, composants industriels).

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