Quand les bénéfices suivent la loi de Moore

Le 02/03/2026 à 6:07 par fremond

+65% : voilà la folle croissance enregistrée par Nvidia en 2025. Folle, vraiment ? Pour le Nvidia « nouvelle formule enrichie à l’intelligence artificielle », cette progression semble presque banale, après des bons de 114% en 2024 et 126% en 2023. En l’espace de quatre exercices fiscaux, les ventes de Nvidia ont soutenu un rythme digne de la loi de Moore, passant de 27 à 216 milliards de dollars. Comment qualifier cette explosion ?
On peut tout d’abord parler de réussite. Force est de reconnaître que Nvidia a senti venir l’engouement pour l’intelligence artificielle, et a su proposer non seulement des processeurs graphiques, mais aussi et surtout un écosystème complet d’outils de développement et de modèles IA qui en ont rapidement fait le choix par défaut de toute la communauté gravitant autour de l’IA.
On pourrait aussi parler de monopole. En dépit des efforts d’AMD et de quelques autres fabricants de puces, les grands utilisateurs d’intelligence artificielle sont aujourd’hui condamnés à acheter des processeurs Nvidia ou à développer leurs propres circuits, ce que seuls les plus riches (les Amazon, Google, Meta et consorts) peuvent tenter de faire. Ce quasi-monopole autorise Nvidia à demander des marges effarantes, et ses bénéfices nets s’élèvent à plus de 55% de son chiffre d’affaires – une rentabilité qu’envieraient bon nombre d’entrepreneurs.
On pourrait enfin parler de bulle, dans un business circulaire (Oracle investit dans Nvidia qui investit dans Open AI qui investit dans Oracle…) où beaucoup d’investisseurs commencent à douter des rendements pouvant être espérés en retour des sommes astronomiques injectées dans la construction de centres de données. Nvidia reste la locomotive du Nasdaq (et sa valorisation pèse, à elle seule, plus que l’ensemble du CAC 40), mais son action plafonne depuis six mois tandis que celles de ses clients (Amazon, Meta, Alphabet…) décrochent depuis février.

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