La distribution européenne de composants électroniques a progressé de façon hétéroclite fin 2025

Le 03/02/2026 à 7:33 par Arnaud Pavlik

Dmass Europe, qui rassemble environ 85% des distributeurs européens de composants électroniques, a communiqué ses résultats enregistrés lors du quatrième trimestre 2025.

Au global, la distribution a fait montre d’une progression de 9,8% pour atteindre 3,77 milliards d’euros. Les ventes les semi-conducteurs se sont élevées à 2,30Md€, soit une avancée de +7,7%. L’Hexagone a poursuivi sa baisse (-1,5%), à l’inverse de la Turquie (+29,1%), de l’Allemagne (+14,4%), du Benelux (+13,3%) et du Royaume-Uni (+13,3%).

Du côté des produits, les ventes de circuits logiques programmables (-27,9%) et de composants optiques (-6,9%) ont été les plus faibles, cependant contrebalancées par les circuits logiques standard (+61,7%), les autres circuits logiques (+40,2%), les mémoires (+34,5%) et les capteurs et actionneurs (+21,7%).

Le dynamisme a aussi été de mise au sein de la famille des composants d’interconnexion, passifs et électromécaniques (IP&E) : poursuivant sur la lancée du troisième trimestre, sa croissance s’est élevée à 13,3% pour un chiffre d’affaires de 1,47Md€. Parmi les pays les plus contributeurs, citons la Turquie (+32,5%), la région « Europe de l’Est » (+21,5%), le Benelux (+15%) et l’Allemagne (+11,9%), tandis que la France (+6,6% à 146,6k€), l’Autriche (+8,7%) et la Suisse (+9,5%) ont enregistré des gains plus modérés. Du côté des produits, les composants passifs (+16,2%) ont nettement progressé, tandis que les composants électromécaniques ont maintenu des résultats solides, à +12,8%. Les alimentations (+4, %), et les convertisseurs AC/DC (+2,2 %) ont légèrement progressé, contrairement aux batteries et aux accumulateurs, qui ont subi un recul de 13,2%.

Pour Hermann Reiter, le président de Dmass Europe, il ressort [que] « Après une longue période de stagnation, le marché reprend de la vigueur. Malgré les incertitudes persistantes, le marché européen des composants renoue clairement avec la croissance. Un quatrième trimestre solide et une hausse de 6,9% au second semestre 2025 marquent un net redressement, même si le chiffre d’affaires annuel de 15,2Md€ reste inférieur de 3,3% à celui de 2024. L’espoir d’une poursuite de l’amélioration l’emporte désormais sur les inquiétudes ». Cependant, il y a un « mais », tempère le dirigeant : « Les chiffres encourageants des derniers trimestres ne doivent pas nous induire en erreur. Les comparaisons annuelles paraissent favorables surtout parce que le niveau de référence précédent était exceptionnellement faible. Ces dernières années, l’Europe a perdu des parts de marché mondiales, le boom de l’électronique s’étant concentré dans les pôles d’intelligence artificielle que sont les États-Unis et l’Asie. Dans ce contexte, la croissance européenne peut paraître modeste, mais elle est stable, fiable et ancrée dans la transformation industrielle qui commence aujourd’hui à se dessiner. L’Europe connaît une croissance diversifiée, et non uniforme, et cette diversité constitue un atout stratégique. L’histoire montre que nos applications industrielles offrent généralement des cycles de vie plus longs, une fiabilité accrue et une plus grande durabilité. C’est là que réside la véritable beauté du développement européen : dans un tissu industriel solide, dans une planification à long terme et dans la stabilité apportée par des structures démocratiques matures.

Le contexte reste difficile : la volatilité des matières premières, les bouleversements induits par l’IA et la forte demande dans les secteurs de l’aérospatiale et de la défense créent à la fois des pressions et des opportunités. Les initiatives gouvernementales sont souvent plus prometteuses que concrètes. Pourtant, l’Europe a déjà prouvé sa résilience face aux difficultés. Les défis sont bien réels, mais notre détermination l’est tout autant ».

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