Les organisateurs de la journée de lancement d’Asteerics ont refusé du monde dans les locaux – pourtant spacieux – du Fiap à Paris. Cela laisse à penser que ce nouveau centre de compétences (l’un des trente créés sous l’impulsion de l’Union Européenne) a visé juste avec son objectif : faciliter l’accès aux circuits spécifiques (Asic), notamment pour les start-up et les PME.
On connait les avantages des Asic : des circuits développés sur mesure en fonction de l’application, optimisés en termes de consommation énergétique, facteurs de miniaturisation car intégrant davantage de fonctions qu’un circuit standard, indépendants des aléas de la supply chain, difficiles à copier… et, si les volumes suivent, plus économiques que des circuits standards puisque seul le fondeur prend ici sa marge. On connait aussi leurs inconvénients : ils requièrent des compétences techniques pointues, un investissement initial intimidant (qui se chiffre souvent en millions d’euros) et des délais de conception/fabrication potentiellement variables. Ce sont justement ces obstacles qu’Asteerics entend amoindrir, tout au long des quatre ans du programme qui courra jusqu’en 2029 – « avec, ensuite, l’objectif de pérenniser la structure » précise Hervé Ribot de Minalogic, en charge du centre de compétences.
Asteerics vise à faciliter l’accès aux Asic à travers la formation, l’accompagnement technico-économique (définition de projet, choix de technologie, recherche de financement) et l’aiguillage vers les expertises, outils et ressources à l’échelon français mais aussi européen. Pour évangéliser la foule des petites et moyennes entreprises méconnaissant les avantages des Asic ou hésitant à franchir le pas, l’organisation ambitionne de sensibiliser plus de 300 dirigeants et de former plus de 400 ingénieurs aux technologies mises en valeur dans Asteerics (le FD-SOI pour lequel le centre français est aussi référence européenne, le GaN et le SiC) – même si les circuits spécifiques plus classiques en Cmos sur du « simple » silicium sont aussi concernés.