L’IA sous les bombes

Le 06/03/2026 à 10:41 par fremond

Dans un monde profondément interconnecté, tout bouleversement géopolitique engendre des conséquences parfois inattendues. Ainsi, l’attaque de l’Iran par Israël et les Etats-Unis se répercute sur beaucoup de pays de la région, dont les Emirats arabes unis où se sont retrouvés coincés touristes, entrepreneurs et trafiquants français, présents en nombre à Dubaï pour échapper à la grisaille, à la fiscalité et/ou à la police métropolitaines. Mais les Emirats arabes unis, ce n’est pas qu’une brutale pétromonarchie adepte de la charia, de l’intervention militaire et de l’optimisation fiscale.
C’est aussi l’un des épicentres mondiaux des investissements en intelligence artificielle. Conscient que la manne pétrolière aura une fin, le pays diversifie ses investissements vers la finance, l’hôtellerie, le tourisme… et la technologie. Y compris en microélectronique : un temps actionnaire d’AMD, le fonds souverain Mubadala est toujours propriétaire de GlobalFoundries. Mais c’est surtout dans l’IA que les Emirats entendent s’imposer, selon une feuille de route initiée dès 2017. Ils se sont même dotés, première mondiale, d’un «ministre de l’IA», et les jeunes émiratis se voient dispenser des cours d’IA dès la maternelle.
Mais voilà que des centres de données exploités par Amazon aux Emirats ont été touchés par des drones iraniens. De quoi réaliser, brutalement, que ces équipements aussi stratégiques que fragiles pourraient devenir des cibles privilégiées en temps de guerre. Or les Emirats, qui multiplient les investissements domestiques et internationaux (y compris en France) dans ce domaine, construisent actuellement à Abou Dhabi, en partenariat avec OpenAI, Oracle, Cisco, SoftBank et Nvidia, un campus IA grand comme un quart de Paris. Et, donc, assez facile à cibler pour un drone.

Copy link
Powered by Social Snap