Les actionneurs haptiques s’adaptent aux wearables

Le 16/05/2016 à 23:12 par Magazine Electroniques

Kemet et Novasentis développent ensemble une technologie d’actuateurs haptiques dont les caractéristiques en termes de légèreté, de souplesse et de tension appliquée la rendent compatible avec les dispositifs électroniques à porter sur soi.

Kemet, fabricant de composants passifs, notamment de condensateurs, et Novaventis, spécialiste de la technologie haptique et de retour sensoriel pour dispositifs wearables, ont annoncé il y a quelques semaines la signature d’un accord visant à développer, produire et commercialiser des actuateurs haptiques de nouvelle génération, très fins et souples, spécifiquement conçus pour des dispositifs électroniques à porter sur soi (wearables).

Un rapprochement on ne peut plus logique, selon Philip Lessner, vice-président senior et directeur technique de Kemet. « Notre expertise en matière de fabrication de condensateurs film est parfaitement adaptée aux besoins de la technologie haptique de Novasentis. Nous pourrons utiliser nos lignes de fabrication existantes pour développer des actionneurs en quantités de production. Qui plus est, la collaboration avec Novasentis permet à Kemet d’étendre sa clientèle à de nouveaux marchés, notamment aux produits wearables », précise-t-il.

En effet, la technologie haptique développée par Novasentis n’emploie pas les solutions haptiques conventionnelles, volumineuses et peu légères, telles que celles utilisant des vibreurs motorisés ou des systèmes à déformation haute-tension, mais une technique à base de films polymères électromécaniques ou EMP (Electro Mechanical Polymer). Dans ce type de matériau, lorsqu’aucune tension n’est appliquée, les molécules sont orientées de manière aléatoire. En revanche, lorsqu’une tension est fournie, les molécules s’orientent dans une seule et même direction et s’étendent de manière à créer un effet piézoélectrique. Il « suffit » alors d’apposer plusieurs couches de ce film sur un substrat pour former un actuateur qui vibrera lorsqu’une tension y sera appliquée. En fonction de la fréquence utilisée, qui peut aller de 1 Hz à quelques kiloherz, différents effets haptiques ou sonores peuvent être reproduits.

Les premiers échantillons à l’été 2016

Sur le papier, les avantages de cette technologies sont nombreux, allant de la faible tension nécessaire (inférieure à celles des autres technologies haptiques, selon Novasentis) à la faible épaisseur du film EMP (200 µm, voire moins), en passant par la grande variété de signaux haptiques et sonores différents qu’il est possible de reproduire. « Les actionneurs à film EMP agissent comme une seconde peau pour les appareils qui en sont équipés, et sont capables de fournir un retour haptique et sonore, à la fois localisé et significatif, pour des centaines d’alertes bien distinctes », précise François Jeanneau, président et directeur général de Novasentis.

L’accord signé entre les deux sociétés prévoit que Novasentis fournisse la technologie de base et le film actionneur haptique tandis que Kemet se charge de développer le processus de fabrication pour l’assemblage final. Les premiers échantillons devraient être livrés à l’été 2016 et la production de volume est envisagée pour le début 2017.