La Corée du Sud déploie sa « K semiconductor Belt »

Le 05/07/2021 à 0:00 par La rédaction

COURANT MAI, LA CORÉE DU SUD A INVITÉ LES ENTREPRISES CORÉENNES DE PUCES À INVESTIR PLUS DE 450 MILLIARDS DE DOLLARS. DÉSIRANT RATTRAPER SON RETARD PAR RAPPORT À TAÏWAN EN MATIÈRE DE CIRCUITS LOGIQUES, LE GOUVERNEMENT CORÉEN SOUHAITE AINSI CONSTRUIRE LA PLUS GRANDE CHAÎNE D’APPROVISIONNEMENT DE SEMI-CONDUCTEURS AU MONDE D’ICI À 2030.

La « K semiconductor Belt » La Corée du Sud ambitionne de devenir la plus grande chaîne mondiale d’approvisionnement de puces.

La lettre K deviendra-t-elle synonyme de leadership mondial en matière de semi-conducteurs ? C’est en tout cas l’ambition clairement affichée de Séoul. Lors d’un événement tenu le 13 mai dans une usine de Samsung Electronics à Pyeongtaek, au sud de la capitale, le président Moon Jae-in a déclaré : « Les pays du monde entier se livrent à une concurrence féroce pour réorganiser leurs propres chaînes d’approvisionnement. La direction dans laquelle nous devons aller est claire. Nous essayons de tirer parti de cette opportunité en réalisant des investissements préventifs qui ne seront pas ébranlés par les chocs extérieurs, et en renforçant les écosystèmes industriels pour diriger la chaîne d’approvisionnement mondiale. » Le ton est donné. La Corée du Sud se lance à son tour dans la course mondiale de la production relocalisée de puces. L’objectif étant que les fabricants nationaux de semi-conducteurs investissent à hauteur de 450  milliards de dollars dans ce projet jusqu’en 2030.

Si le pays est mondialement reconnu pour sa production de puces de mémoire, il reste en revanche derrière son voisin taïwanais, avec TSMC notamment, concernant la production de circuits numériques. Et l’enjeu est de taille. L’industrie des semi-conducteurs est cruciale pour le pays sur le plan économique : 20 % des exportations totales de la Corée du Sud concernent les semi-conducteurs. Le ministère du commerce, de l’industrie et de l’énergie a d’ailleurs déclaré que ces exportations devraient doubler pour atteindre 200 Md$ d’ici à 2030, d’après Bloomberg. D’où l’urgence de rattraper son retard dans la fabrication de circuits numériques. Avec l’avènement de la 5G, les véhicules autonomes, les habitations connectées ou encore l’intelligence artificielle, ces circuits sont partout. Si la Corée du Sud ne veut pas rester à la traîne dans cette technologie, elle se devait d’agir.

DES INCITATIONS FISCALES POUR DÉVELOPPER LA FABRICATION NATIONALE

Pour ce faire, le gouvernement a misé sur différents avantages fiscaux, souhaitant encourager la recherche et développement ainsi que les installations d’usines. Selon le Korea Times, le pays devrait ainsi proposer des crédits d’impôt compris entre 40 et 50 % pour les investissements dans des projets de R&D. Et pour inciter à bâtir de nouvelles unités de production, il envisagerait un avantage fiscal de 10 à 20 %.

Le pays garantira à l’industrie des puces, très friande en eau, un approvisionnement à la hauteur de ses besoins sur les dix prochaines années, selon Bloomberg. De même, le gouvernement et la Korea Electric Power Corporation (KEPCO) prendront en charge jusqu’à 50 % des coûts des installations électriques nécessaires aux lignes de production de semi-conducteurs. À noter que ces deux dernières mesures ne seront valables que pour les usines se situant dans la zone formant géographiquement un K… comme Korea.

Dans le cadre de ce plan, le gouvernement de Moon Jae-in entend créer la « K-semiconductor Belt ». Les zones géographiques concernées se situent au sud de la capitale. Cette ceinture comprend les villes de Pangyo, Giheung, Hwaseong, Pyeongtaek, Onyang, Icheon, Yongin et Cheongju. Géographiquement très repérable, ce K comprendra les différents domaines de l’activité des semi-conducteurs. Pour pouvoir maîtriser la chaîne d’approvisionnement de bout en bout, on y retrouvera ainsi des concepteurs, fabri-cants et fournisseurs.

À chaque localisation, sa spécialité. Ainsi, Pangyo devrait devenir le site incontournable en matière d’industries fabless, Giheung se spécialiserait dans les activités de fonderies, et les villes de Pyeongtaek et Hwaseong continueront d’être sur le front de la production de puces mémoires.

Pour relever le défi que s’est lancé la Corée du Sud, 153  entreprises nationales ont répondu présentes. En tête, les deux pépites coréennes Samsung Electronics et SK Hynix. Lors des annonces de Moon Jae-in, les deux firmes en ont profité pour annoncer leurs plans respectifs.

L’annonce de la création de la « K semiconductor Belt » par Moon Jae-in a été faite sur le site de Samsung à Pyeongtaek le 13 mai.

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