« La distribution a été présente pendant le confinement, et après le confinement »

Le 03/11/2020 à 13:00 par La rédaction

À L’INSTAR DE NOMBREUSES SOCIÉTÉS, LE DISTRIBUTEUR DE COMPOSANTS ÉLECTRONIQUES TTI A SOUFFERT DE LA CRISE DU COVID. FABRICE LECORDIER, VICE-PRESIDENT RÉGIONAL DE TTI ET DIRECTEUR GÉNÉRAL DE TTI FRANCE, NOUS DÉCRYPTE LES TROIS PREMIERS TRIMESTRES DE L’ANNÉE 2020 AU SEIN DE L’ENTREPRISE. IL NOUS DONNE ÉGALEMENT SON AVIS SUR L’ÉVOLUTION DES TECHNOLOGIES, MAIS AUSSI SUR LES THÈMES LOGISTIQUES, ET SUR LA RELATION DU TRIUMVIRAT CLIENT-SOUS-TRAITANT-DISTRIBUTEUR.

Quel est le bilan de cette année 2020 avec l’impact du Covid ?

Fabrice Lecordier Malheureusement l’impact du Covid a été néfaste, car il a engendré une baisse de revenus significative, malgré un démarrage 2020 tout à fait correct. Nous partions sur de belles perspectives pour le premier trimestre, et malheureusement dès l’annonce du confinement au mois de mars, nous avons tout de suite ressenti un impact majeur, notamment par le fait que certaines sociétés ont fermé leurs portes sur la première période. Cela a engendré un arrêt brutal de certaines livraisons, voire beaucoup de problématiques logistiques liées à des retours de pièces pour cause de fermetures. Cela a généré une baisse très significative de notre chiffre d’affaires. Ensuite, la situation après le confinement s’est améliorée ; pas sur tous les secteurs, puisque certains ont été plus fortement touchés que d’autres, et vont l’être malheureusement encore pendant plusieurs mois ou plusieurs années. Par exemple le secteur de l’aéronautique, qui était pour le marché français un secteur dynamique, avec Airbus, et beaucoup d’équipementiers et sous-traitants liés à cette activité. C’était l’un des fers de lance de notre activité électronique en France. Cette situation va perdurer encore au moins deux ans. Il va donc y avoir par redondance un effet très négatif sur la distribution électronique pour les prochains mois, avec malheureusement toute la chaîne qui inclut les acteurs de cette filière.

Heureusement, il y a des activités qui ont redémarré depuis septembre, comme l’automobile ; il y a un rebond substantiel de l’activité. Malheureusement, les capacités de production ne permettent pas de compenser ce qui a été perdu durant cette longue période, quasiment un trimestre. L’automobile repart, les prévisions pour les prochains mois sont correctes, ce qui est bon signe. Je pense que dans son sillage il y aura l’industriel au sens large, la machine-outil et autres qui vont repartir, mais le marché français restera négativement impacté. Le militaire et le spatial se portent correctement, grâce aux différents gouvernements qui ont justement compensé certaines activités en investissant dans les renouvellements de matériel pour les activités militaires, ce qui est plutôt positif. Il ne s’agit pas de gros volumes, mais ce sont malgré tout des choses appréciables. On reste sur un marché qui est morose et qui va le demeurer avec l’impact des dernières nouvelles. Notamment un risque de reconfinement et tout ce que cela peut engendrer comme craintes pour les investisseurs et les industriels sur le fait d’investir, et de fournir des prévisions.

Dans le centre de stockage de Maisach, le plus grand système AutoStore d’Europe a nécessité un investissement de 23 millions d’euros avant le début de son activité en 2018.

Il y a eu un impact au niveau des chiffres, mais quel a été l’impact du Covid sur le moral de l’entreprise ?

Fabrice Lecordier Il y a eu un impact fortement négatif au départ, pour la distribution comme pour beaucoup de sociétés. Nous nous sommes retrouvés face à une situation nouvelle, obligés de confiner tous nos salariés, d’utiliser le télétravail. C’était une situation complètement inédite dans nos activités. Malgré le fait que le télétravail est déjà partiellement utilisé dans nos organisations, la majorité des employés travaillaient en agence. Du jour au lendemain, il a fallu mettre tout le monde en télétravail ; cela génère beaucoup d’anxiété et d’adaptation. Nous sommes une entreprise industrielle comme une autre, cela génère parmi nos employés des questions. En ce qui concerne TTI, nous n’avons pas eu recours au chômage partiel, nous avons continué à faire travailler nos employés pour assurer la continuité avec nos clients, de la meilleure manière possible.

Après cette période, le retour au bureau fut parfois un peu compliqué. Il y a des mesures sanitaires inédites que l’on doit appliquer, le port du masque est aujourd’hui une contrainte importante pour les personnes qui sont dans nos bureaux. Nous sommes obligés de nous y adapter, c’est la loi, nous n’avons pas le choix, mais c’est tout de même une situation un peu anxiogène.

Il y a malgré tout eu un rebond moral en septembre ?

Fabrice Lecordier Au mois de septembre nous avons eu effectivement un frémissement de l’activité, ce qui est toujours bon signe. Cela peut paraître simpliste, mais le moral des troupes est souvent lié au chiffre d’affaires que l’on génère. Lorsque l’on voit quelques commandes arriver, forcément le moral s’améliore, mais le marché est trop erratique aujourd’hui pour se dire que la crise est passée et que l’on va redémarrer. Nous sommes à la mi-octobre, et l’on voit bien qu’il y a des semaines avec et des semaines sans, tout cela n’est pas complètement entériné.

Lors du dernier salon IoT Word/ M2M, un certain nombre d’exposants disaient qu’ils étaient relativement confiants, mais nous étions en septembre. Cela traduit bien ce que vous venez de me dire où justement le marché est très erratique, ce qui ne facilite pas les choses.

« En France, nous avons un manque de coordination dans la chaîne de production entre le client final, jusqu’au fabricant de composants électroniques, en passant par le sous-traitant et le distributeur. » Fabrice Lecordier, vice-président régional de TTI et DG de TTI France

Chez TTI, implanté en Europe depuis 1992, l’industrie 4.0 est au cœur du centre de stockage de Maisach desservant les régions Europe et Afrique.

Fabrice Lecordier Je dirais que le message n’est pas seulement lié à cette période, cela fait quasiment 30 ans que je suis dans le domaine de la distribution, et des crises, nous en avons vu quelques-unes. Nous avons la chance de travailler dans le domaine de l’électronique, qui est un business avec un très bel avenir ; l’équipement électronique se retrouve de plus en plus dans notre vie au quotidien, dans nos habitations, nos automobiles, nos équipements au sens large. Dans le domaine de l’électronique, on sait que les perspectives sont bonnes et fortement en progression dans les années à venir. Mais ce marché a des phases. Il a des phases de forte croissance, comme on a pu en connaître en 2017-2018, et tout d’un coup le marché s’effondre, car nous sommes liés à une économie mondialisée. Cela va repartir ; nous savons que dans les prochaines années, et déjà dans les prochains mois, l’avènement de la 5G demandera plus de composants, pour plus d’infrastructures nécessaires. Il faut prendre en compte la poussée de l’écologie, avec les équipements zéro carbone dans les villes, les tramways, les métros. Tout cela fait que la demande en électronique va être en croissance. Maintenant la question est « quand et comment ? », c’est toujours la pro-blématique par rapport à notre domaine d’activité.

L’exercice est difficile pour un distributeur, mais avez-vous eu la possibilité d’avoir des activités de substitution durant la période Covid qui persite malheureusement encore ?

Fabrice Lecordier Par défaut, non, on reste distributeur. Notre métier est de stocker des pièces électroniques, et de les revendre à des clients ; le métier en soi n’a pas changé. Ce qui a changé cependant, c’est que durant cette période, il a fallu répondre rapidement à des besoins d’équipements pour le domaine médical, pour les respirateurs. Là, nous avons participé à « l’effort de guerre », où nous avons mobilisé nos fabricants spécialisés dans les capteurs et autres, pour pouvoir approvisionner rapidement tous nos clients participant à la fabrication en urgence de respirateurs, en France et dans d’autres pays. Notre métier est resté fondamentalement le même, excepté que – je vais prendre deux cas extrêmes – nous avons dû tout arrêter pour les livraisons pour les avions, et nous avons orienté nos achats pour soutenir le domaine médical. Mais notre métier n’a pas changé, c’est le profil des composants qui s’est adapté à cette nouvelle demande.

Un certain nombre d’exposants lors du dernier salon IoT World/ M2M a estimé les différentes annonces du gouvernement comme parfois contradictoires. Est-ce que vous attendez quelque chose de particulier, ou de plus détaillé dans les annonces du gouvernement français ?

Fabrice Lecordier Il y a les annonces, et il y a les orientations nécessaires, en fonction du monde qui nous entoure. L’approche écologique était dans l’air du temps, on l’a vu avec les élections municipales et l’émergence de maires écologiques. Cela reflète aujourd’hui l’attente d’un certain nombre de nos concitoyens. Le fait que le gouvernement s’engage à investir ou à orienter une partie des investissements dans le développement des énergies renouvelables, des moyens de transport « verts » est une bonne chose. Bien évidemment ce sont des annonces politiques, seulement, leur application se heurte à une certaine inertie. Décréter que l’on veut pousser le véhicule électrique est bien, mais nous n’avons pas forcément la capacité de production, ne serait-ce que pour lancer des productions de batteries en masse. De grandes annonces ont été faites, de grands groupes comme Total et PSA se sont investis, mais on ne sort pas une usine de batteries comme cela du jour au lendemain ; il faut des années d’investissement avant d’arriver à une capacité de production qui permette de suffire à un marché français ou européen.

Il y a le temps politique des annonces, et le temps réel de l’économie pour développer cette activité. On voit déjà arriver des concepts et du design. En termes de production, il va falloir attendre quelques mois, voire quelques années. Cela va dans le bon sens, et est favorable pour le domaine de l’électronique.

Avant d’aborder la distribution dans un sens plus général, auriez-vous quelque chose à ajouter sur la distribution par rapport au Covid ?

Fabrice Lecordier La distribution a été présente pendant le confinement, et après le confinement, de façon générale. Pour nous, mais aussi pour l’ensemble des acteurs majeurs, les magasins sont restés ouverts. Nous n’avons pas eu de rupture dans la chaîne logistique, nous avons accompagné nos clients pendant cette période. On voit encore plus la pertinence de la distribution dans la chaîne d’approvisionnement des composants électroniques. Nous avons réagi rapidement lorsque les flux vis-à-vis de l’Asie se sont tendus. Car avant le confinement chez nous, il ne faut pas oublier qu’il y avait eu le confinement en Asie, avec le risque de pénurie de certains composants, lié à la fermeture de certaines usines en Asie. Le distributeur a parfaitement joué son rôle pendant cette crise en sécurisant la supply chain, entre la production de composants électroniques et la livraison chez nos clients finaux. En France, nous avons une part de distribution comparée au marché direct qui est peu importante par rapport à nos confrères allemands ou italiens ; mais les choses évoluent, et des périodes comme celles-ci démontrent que la distribution a aussi une part de valeur ajoutée qui est appréciée par nos clients.

Même s’il n’est pas complètement récent, on assiste à une véritable explosion de l’IoT ; a-t-il engendré des changements majeurs chez les distributeurs ?

Fabrice Lecordier Oui, c’est une forte évolution. Elle va nous impacter, mais elle ne nous impacte pas encore à la hauteur de la promesse qui pourrait en être faite. Le marché de l’IoT, c’est beaucoup de petites structures, des start-up. Au quotidien, vous comme moi en voyons l’impact. Tous les jours, nous recevons des publicités sur de nouveaux systèmes ultra-performants… Pour le marché français, nous sommes sur une bonne base de concepts, avec beaucoup de start-up impliquées dans l’IoT. Mais, souvent, ces start-up vendent le concept, et ne conçoivent pas toujours la structure. C’est pour cela que c’est un marché un peu complexe. Souvent, ces startup – dans n’importe quel domaine d’application –, vendent le logiciel, comment traiter l’information, la formater, comment la rendre attractive pour l’utilisateur. Seulement, le support électronique qui va capter l’information n’est pas forcément le point sur lequel elles se focalisent. Souvent et malheureusement, elles ont tendance à tout de suite vouloir partir sur des volumes et penser tout de suite au marché asiatique pour la production. C’est un peu le paradoxe de ce marché de l’IoT. Il est évidemment porteur de concept, mais lorsque l’on parle de production, il n’y a pas encore aujourd’hui un impact majeur comparé aux poids lourds qui existent comme l’aéronautique, l’automobile ou l’industriel au sens large. L’effort d’investissement pour nous, distributeur(s), c’est de mettre en stock des composants, qui sont liés à ce marché, et aussi des ingénieurs d’application qui vont pouvoir présenter ces produits. Aujourd’hui, le retour sur in-vestissement sur nos revenus n’est pas encore à la hauteur de ce que l’on pouvait espérer.

TTI est un distributeur américain de composants passifs, électromécaniques, et de connectique. La société a racheté Rfmw, (distributeur de composants radiofréquences et hyperfréquences), et Compona (distributeur de produits d’interconnexion), en 2018. TTI a racheté Mouser Electronics en 2000.

Quels sont les domaines étant des valeurs sûres chez TTI ?

Fabrice Lecordier Nous sommes distributeur, et nous nous affichons comme distributeur spécialisé. Il y a des broadliner et il y a des spécialistes. Le broadliner va vendre toute la gamme de produits : du composant passif, de la connectique, et surtout du semi-conducteur. Nous demeurons sur un domaine spécifique en termes de distribution, sur le composant passif, la connectique et l’électromécanique, qui représentent de nos jours 90  % de nos ventes. Les produits que l’on vend aujourd’hui, sur une carte électronique, représentent 10 % en termes de valeur. Cependant, en termes de volume, et notamment de lignes à traiter, cela représente plus de 80 % de cette carte électronique. Nous avons une spécificité, qui n’est pas forcément une spécificité-produit, mais liée à ce paradoxe entre le coût du produit et tout le circuit de la supply chain. Nos produits sont souvent délaissés par les ingénieurs et par les acheteurs. Ils se disent que l’on trouvera toujours ces produits, que ce n’est pas un problème, que cela ne coûte pas cher… C’est une erreur, tant sur la conception du produit que sur le choix des fabricants, dans le choix du boîtier, etc., et sa disponibilité. Un composant électronique, même une simple résistance, est un produit qui sort d’une usine de production. On parle d’une situation de crise car on recherche des commandes, mais il y a encore deux ans, on cherchait des composants. Pourquoi ? La demande mondiale était tellement importante, les usines n’arrivant pas à produire, les produits que nous avions depuis des années sur les étagères disponibles, et sur lesquels nous meTTIons la pression au niveau du prix, sont passés à des délais de fabrication allant jusqu’à 50  semaines. Notre valeur ajoutée en tant que distributeur, au-delà du fait que l’on accompagne nos clients sur la conception, reste sur notre métier de base : mettre des produits sur nos étagères, et avoir des personnes formées pour les vendre.

Nous avons une soixantaine de franchises, ce qui est peu par rapport à nos confrères, nous avons une relation à très long terme avec eux. Il y a un contact permanent, pour pouvoir anticiper, avec nos informations mais aussi les leurs, les soubresauts du marché. La situation actuelle est compliquée, mais qu’en sera-t-il dans six mois ? Actuellement, le marché asiatique reprend, le marché de la 5G est lancé, il y a les soubresauts de l’automobile déjà évoqués. Nous voyons déjà des délais de fabrication en augmentation, risquant potentiellement de poser problème au premier ou au deuxième trimestre 2021. Notre rôle de distributeur est donc d’anticiper tout cela, et d’ores et déjà de replacer des commandes, pour supporter les demandes de nos clients dans les semaines à venir. Même si eux pour l’instant ne nous donnent pas de prévisionnel à la hausse ou à la baisse, nous anticipons déjà tout cela. C’est notre valeur ajoutée en tant que distributeur : avoir des pièces dispo-nibles et anticiper le marché, de manière que le client puisse réduire au maximum son délai d’approvisionnement.

Que voyez-vous comme domaine(s) porteur(s) dans un futur proche ? Nous avons vu par exemple que le partage des fréquences pour la 5G a été acté.

Fabrice Lecordier Je regarde évidemment la 5G avec un œil intéressé, puisque cela sera consommateur de composants électroniques. Je regarde donc ce que la 5G va ou peut nous apporter. La 5G sera aussi porteuse en termes d’innovation qu’a pu l’être Internet il y a 20  ans. Nous avons encore du mal à percevoir ce que la 5G va nous apporter. Il y a 20 ans, vous comme moi avons participé à l’arrivée d’Internet, des premières applications, des premiers sites internet, et on se demandait bien ce que l’on allait faire de tous ces outils. Le téléphone portable est arrivé, le smartphone est arrivé, toutes les connexions que l’on fait à longueur de temps, la transmission de l’information… Internet est là, il a révolutionné nos vies en 20 ans. La 5G semblerait être aussi prometteuse dans les prochaines années. La transmission de l’information, des données est tellement rapide que cela changera nos vies, certainement dans nos quotidiens. Dans le domaine médical, avec parfois des opérations chirurgicales qui se font à distance. Évidemment la transmission de la donnée est clé. C’est un domaine parmi d’autres, mais la 5G accélèrera forcément ce domaine, elle va permettre de transmettre l’information et de réagir dans la nanoseconde, avec un retour de l’information aussi rapide. C’est un domaine qui évoluera forcément.

L’IoT fait évoluer le smart building, avec ces données dans les maisons pour contrôler les températures, les accès… Nos maisons vont être bardées de capteurs pour contrôler à la seconde près, que ce soit l’accès, la température, la lumière… on peut tout imaginer. Les transmissions de données avec la 5G seront instantanées, et permettront une rapidité et une gestion de l’information quasi-immédiates. Il y a beaucoup de domaines qui vont en bénéficier, je pense que dans 20 ans, on se dira que cette 5G a enrichi notre vie. C’est un peu de la science-fiction mais on y va.

Une attention particulière est apportée à la logistique, avec une optimisation des devis en ligne. Comment voyez-vous la logistique chez TTI actuellement et dans les mois ou les années à venir ?

Fabrice Lecordier Il y a deux aspects sur lesquels on travaille. Pas simplement maintenant, c’est quelque chose qui a évolué au cours du temps. Il y a le traitement de l’information, la gestion de la commande, la gestion des prévisions… et la partie hardware, le stock en lui-même. Le concernant, on recherche évidemment de la productivité, et notamment une majeure partie d’automatisation. Nous avons un stock centralisé à Munich qui couvre toute la partie Europe et Afrique, partiellement automatisé, avec un système nommé Autostore. Ce système permet de travailler en économie et en temps masqué pour préparer les commandes clients.

Naturellement, nous travaillons en codes-barres, les opérateurs portent des gants équipés d’un capteur optique permettant de prendre la bonne boîte et la bonne quantité. Tout cela est en train de s’automatiser de plus en plus, de façon à gagner en productivité, et évidemment en qualité. Dans notre métier il s’agit d’un enjeu-clé, limiter le nombre d’erreurs dans la manipulation des composants, autant à l’entrée qu’à la sortie. Nous demandons à nos fabricants de paramétrer certains critères d’étiquetage, de data-codes, de square-codes avec toutes les informations sur les produits, que nous enregistrons et que nous restituons ensuite au client lors de l’expédition. Nous avons de plus l’avantage dans notre groupe d’avoir Mouser. Nous avons bénéficié de l’expérience de Mouser dans le traitement rapide de ce type de commandes, avec leur centre mondial situé au Texas.

Nous mettons à disposition de nouveaux outils pour nos clients, pour améliorer la rapidité d’exécution et de transmission des informations. Les nouveaux outils sur lesquels on travaille permettent de donner accès le plus simplement et le plus rapidement possible à nos disponibilités, nos niveaux de stocks, les niveaux de prix. Nous déployons l’API (Interface de Programmation d’Application), une interface client, qui permet de charger une nomenclature, pour pouvoir en extraire quasiment instantanément la disponibilité, les prix, et toutes les informations dont il a besoin.

Est-ce que vous auriez un souhait particulier à formuler ?

Fabrice Lecordier En France, nous avons un manque de coordination dans la chaîne de production entre le client final (le grand donneur d’ordre), jusqu’au fabricant de composants électroniques, en passant par le sous-traitant et le distributeur. Il y a une mauvaise communication alors qu’en se mettant régulièrement autour de la table, tous les acteurs de la filière électronique, nous pourrions véritablement parvenir à améliorer les choses. Nous avons tous intérêt à travailler ensemble. En 2018, le plus fort de la crise du composant électronique portait sur le composant céramique (MLCC). Il y a eu pour une fois tous les acteurs majeurs dans la même salle de réunion. Donc si j’avais un souhait pour 2021, ce serait que dans toute la filière électronique, il y ait plus de coordination, d’écoute, du partage de l’information et des connaissances, à tous les niveaux, pour que chacun puisse anticiper les demandes de ce marché en pleine évolution.

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